La réussite de la réhabilitation prothétique mobile chez les patients édentés est directement liée à la présence de certaines conditions, telles que : une crête alvéolaire suffisamment large et haute, une corrélation pratique entre les crêtes alvéolaires, un fornix vestibulaire et lingual suffisamment profond, etc. L'absence de ces conditions compromet la réhabilitation prothétique, ce qui nécessite la réalisation d'interventions chirurgicales pré-prothétiques afin de créer les conditions de réalisation de prothèses esthétiques et fonctionnelles.

Les interventions chirurgicales pré-prothétiques mineures sont définies comme des interventions correctives des tissus mous et des altérations osseuses visant à créer les conditions d'une réhabilitation prothétique réussie. Elles sont généralement réalisées en ambulatoire, sous anesthésie locale infiltrante.

Toutes ces interventions chirurgicales peuvent être réalisées à titre préventif, afin d'éviter la formation d'irrégularités susceptibles d'obstruer la prothèse du patient, ou de corriger celles déjà présentes. Dans ce cas, l'extraction atraumatique des dents est particulièrement importante. Il est donc préférable d'utiliser des mouvements de rotation qui protègent la lame corticale vestibulaire et réduisent le degré d'atrophie ultérieure de la mâchoire. Lors de l'extraction des molaires (notamment au maxillaire supérieur), on peut séparer les racines et les extraire chirurgicalement, prévenant ainsi une éventuelle fracture de la lame corticale vestibulaire et la formation d'un défaut osseux ou d'une crête alvéolaire irrégulière.

En général, les irrégularités qui entravent la fabrication d'une prothèse fonctionnelle et de qualité se divisent en deux groupes : les irrégularités développementales et les irrégularités acquises. Les irrégularités développementales comprennent : la présence d'un torus mandibulaire et palatinal, une insertion musculaire basse ou haute, des freins et des plis buccaux, ou encore une atrophie/hypertrophie des tissus mous. Les irrégularités acquises résultent généralement d'extractions dentaires, de traumatismes et d'infections. L'atrophie de la crête alvéolaire est un problème majeur. Elle survient en raison de son inactivité chez les patients édentés porteurs de prothèses. L'atrophie de la crête se manifeste par une corrélation défavorable entre les muqueuses mobiles et immobiles, augmentant ainsi la quantité de muqueuse mobile et s'insérant au sommet de la crête alvéolaire. De plus, les lésions des os de la mâchoire et des crêtes alvéolaires, ou les interventions chirurgicales sur des kystes ou des tumeurs, peuvent devenir des facteurs locaux entravant la fabrication de prothèses.

Avant de réaliser une restauration prothétique définitive, l'état de la crête alvéolaire doit être vérifié par un examen clinique et radiologique. Sur la base des données obtenues, l'intervention, censée être correctement réalisée, est planifiée. Dans le cas contraire, il est possible qu'en corrigeant une irrégularité, une autre irrégularité se produise de manière inattendue (par exemple, une alvéoloplasie partielle mal réalisée peut créer un sillon vestibulaire peu profond, ce qui compromet la stabilité de la prothèse).

Les corrélations anatomiques normales de la cavité buccale peuvent être altérées par des modifications congénitales ou acquises des tissus mous et des segments osseux de la crête alvéolaire. L'une d'elles est la fixation élevée des freins.

Correction du frein labial (frénoplastie)

Le frein labial peut être fortement inséré (adhérant) à la crête alvéolaire, même à son extrémité. Cette affection peut être congénitale ou acquise suite à une atrophie prononcée de la crête alvéolaire. Dans ces conditions, la réalisation d'une prothèse fonctionnellement stable est difficile. Le frein labial peut également être retiré pour des raisons orthodontiques. Cela peut entraîner l'apparition d'un diastème médian chez l'enfant, qui est corrigé par l'excision du frein. L'ablation chirurgicale du frein est appelée frénoplastie, et deux méthodes chirurgicales sont les plus couramment utilisées : la frénoplastie par excision et la frénoplastie en « Z ».

Freinoplastie par excision

Elle est indiquée dans les cas où il existe une crête alvéolaire résiduelle avec de bonnes dimensions verticales et un vestibulum labial profond.
Technique : après anesthésie locale, la lèvre est relevée et le frein est fixé à l'aide de deux pinces de Péon, positionnées à ses extrémités supérieure et inférieure. L'incision est pratiquée uniquement à travers la muqueuse, de sorte qu'après le retrait du frein, le périoste reste intact. Lors de la mise en place des sutures, afin de ne pas réduire le fornix labial, la première suture est placée haut dans le vestibule, ce qui réduit encore l'hématome postopératoire.

Freinoplastie « Z »

Elle est indiquée en cas de crête alvéolaire avec perte de dimension verticale et de vestibulum labial peu profond.
Technique : une incision elliptique est pratiquée, le frein fibreux étant retiré sur une profondeur de quelques millimètres. Deux courtes incisions sont ensuite pratiquées aux extrémités de l'incision initiale.

Correction du frein lingual

Le frein lingual peut provoquer une ankiloglossie partielle ou complète, une anomalie congénitale. Cette affection est due à l'insertion du frein dans le plancher de la cavité buccale ou dans la muqueuse alvéolaire, et à un frein extrêmement court relié au sommet de la langue. L'ankiloglossie limite le mouvement de la langue et crée ainsi des difficultés d'élocution, de déglutition et de mastication. De plus, la prothèse totale inférieure se déplace à chaque mouvement de la langue.

Technique : après anesthésie locale pour le nerf lingual, la langue est immobilisée et relevée. Cette remontée provoque une tension du frein. Des incisions convergentes sont ensuite pratiquées de chaque côté du frein, qui se rejoignent à leurs extrémités. Ces incisions convergent vers la base de la langue. Après ablation du frein, les bords sont aplatis aux ciseaux pour une dissection obtuse et la plaie est suturée avec des points individuels. Les structures anatomiques suivantes peuvent être endommagées lors de l'intervention : caroncule sublinguale, canal sublingual, canal sous-mandibulaire, a. et v. sublingualis.